Extrait 1
La belle fête d’Opet
Vingt-deuxième jour du deuxième mois de l’inondation, le mois paophi, voilà le premier matin pour célébrer
la « belle fête d’Opet » qui durera onze jours. Le dieu Amon est posé sur une barque sacrée en bois de cèdre, entièrement recouverte d’or et d’argent. Sa statue est emmenée vers son temple du sud, pour rendre visite à son épouse Mout, durant deux décades. Puis, le dieu Amon regagnera son temple.
C’est un grand jour de fête et de faste pour le peuple qui s’amasse partout où passe la procession. Lorsque la « barge d’Amon », immense bateau aux décorations somptueuses, arrive sur les grands flots, une multitude de barques viennent et encerclent le vaisseau sacré Ousirhat.
Pour le peuple, ce jour-là, c’est l’occasion d’adorer son dieu. Une foule immense de croyants entre dans la cour du temple, ce qui lui est interdit le reste du temps. La fête battra son plein pendant plusieurs jours. Les prêtres apportent des offrandes dans un long cortège de bœufs gras monstrueux, spécialement engraissés pour cette fête. Il y a toujours une occasion de faire la fête, toutes les décades, sur la Terre des Dieux.
Aujourd’hui, au premier jour de la fête, Sa Majesté prend la tête des processions. La foule en liesse crie sa joie au divin fils d’Amon, Pharaon dans toute sa splendeur, en lui jetant des fleurs à terre pour lui faire un tapis. Revêtu d’une robe plissée en lin d’un blanc immaculé, d’une ceinture incrustée de pierres précieuses lui enserrant la taille et d’un pectoral, le roi arbore fièrement la double couronne des Deux-Terres.
Assis sur son palanquin doré, Thoutmosis est entouré des plus belles femmes des Deux-Terres. Toutes vêtues de blanc, elles portent des robes longues et plissées à la ceinture haute, montrant ainsi leur petite taille fine. Le lin transparent laisse deviner l’arrondi et la fermeté de leurs petits seins.
Recouvrant leurs épaules, un voile de lin fin leur donne une apparence aérienne. Leurs yeux entourés de khôl, leurs cheveux noirs, tressés et parfumés, elles ondulent près de leur roi en chantant des louanges au dieu Amon. Cela semble si irréel que le commun des mortels n’ose pas les approcher.
